roman

Le Privé

En fait, je n’imaginais rien du tout. Je n’arrive pas à souffrir qu’une femme que je désire aimer ne le désire pas. Quand je lui ai proposé de choisir un sentier, je savais que je pourrais n’être qu’un ami. Elle me plaisait beaucoup, mais je pouvais avec mes déceptions, du moins je le croyais. Il est vrai aussi que le terrain de notre rencontre avait été, d’entrée de jeu, celui de l’amitié. J’avais évoqué exprès les sages Mille et une nuits pour que l’image fasse sourire et que la description de l’autre sentier ne lui fasse pas trop peur. Son allusion aux échelles m’avait touché, son goût du large ravi. Elle était donc tentée par l’autre sentier. Celui que je préférais. Qu’elle en soit venue par la suite à me quitter m’a fait mal. Beaucoup. Suis-je égoïste pour autant ? Quand la Cour suit le Roi, il se crée un tel vide. Notre vraie nature en a une telle horreur.